Peut-on prévenir l’incontinence urinaire ?
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27/05/2016

Peut-on prévenir l’incontinence urinaire ?

Des femmes, des hommes, des personnes âgées et des plus jeunes... Au total, 3 millions de Français sont concernés par l’incontinence urinaire. Pourtant, encore aujourd’hui, nombre de personnes n’osent pas en parler à leur médecin, alors qu’il existe des solutions efficaces contre l’incontinence urinaire.

L’incontinence urinaire : de quoi s’agit-il ?

L’incontinence urinaire est une perte accidentelle ou involontaire des urines, qu’il s’agisse de quelques gouttes à une fuite plus conséquente.
Chez les femmes, on distingue les incontinences qui surviennent :

  • à l'occasion d'un effort physique, ou lors d'un éternuement, d'un accès de toux ou d'une crise de fou-rire (c’est l’incontinence urinaire d’effort, soit 75 % des cas),
  • n’importe quand (incontinence urinaire par impériosité, ou vessie instable, plutôt chez des femmes de plus de 65 ans),
  • les deux (incontinence mixte).

Chez les hommes, on observe des incontinences d’effort et des incontinences par regorgement : la vessie ne se vide jamais complètement et ce phénomène détend le muscle chargé d'assurer sa fermeture : l’urine s’écoule goutte à goutte, en permanence.

Qui est concerné par l’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire d’effort peut toucher toutes les femmes, y compris les jeunes femmes, si les muscles de leur plancher pelvien sont affaiblis.
Les hommes ayant subi une prostatectomie (ablation de la prostate) peuvent également être touchés. Enfin, certaines maladies cérébrales touchant les deux sexes (comme un accident vasculaire cérébral) et certaines atteintes des nerfs périphériques, peuvent aboutir à une vessie instable.

Pourquoi les femmes sont-elles plus souvent concernées ?
Lorsque les tissus situés entre la vessie et le vagin ont été étirés - à la suite d’un ou plusieurs accouchements - la vessie a tendance à s’affaisser et devient alors plus difficilement contrôlable. De plus, les grossesses ont également tendance à affaiblir les muscles du plancher pelvien (périnée). Enfin, après la ménopause, le périnée perd de son tonus.

Les bons réflexes pour prévenir l’incontinence urinaire

Faire le point sur ses facteurs de risque

Sont considérés comme facteurs de risque d’incontinence urinaire :

  • l’obésité (le surpoids entraînant une pression constante sur la vessie et le périnée),
  • l’accouchement par les voies naturelles (étirements des tissus de soutien de la vessie),
  • la toux chronique,
  • la constipation chronique (les selles exercent une pression supplémentaire sur la vessie).

Se demander si on est déjà concerné

Perdre deux gouttes d’urine au cours d’un fou-rire, sans que cela se reproduise, ne suffit pas pour parler d’incontinence urinaire. Du fait de l’anatomie féminine (canal de l’urètre très court), certains estiment même que c’est normal. Il faut néanmoins consulter si :

  • la plupart des efforts provoquent une petite fuite d’urine ;
  • on ressent des envies soudaines et impérieuses d’uriner, ne laissant pas le temps d’aller aux toilettes ;
  • de faibles quantités d’urine s’échappent quand la vessie est pleine ;
  • le jet d’urine est faible et long à amorcer.

Faire un diagnostic du contrôle de la vessie

Le bilan urodynamique est un examen qui permet de contrôler la force du sphincter urinaire, la position de la vessie, les différentes pressions en jeu, et donc de faire un diagnostic plus précis entre incontinence d'effort et l'incontinence d'urgence.
C'est ce bilan précis qui permettra de proposer le traitement le mieux adapté.

Les bons réflexes en cas d’incontinence urinaire occasionnelle

Trois mesures utiles, donnant des résultats immédiats

Elles limitent les désagréments.

  • Boire tout au long de la journée, mais pas une forte quantité en peu de temps.
  • Éviter les boissons diurétiques (thé, café, cola) et l’alcool, surtout avant un déplacement à l’extérieur.
  • Traiter rapidement toute infection urinaire.

Attention, se priver de boisson est une mauvaise idée car cela favorise la constipation et les infections urinaires, deux facteurs de risque de l’incontinence.

Deux mesures pour éviter que les choses ne s’aggravent

  • Perdre ses kilos superflus, si besoin avec l’aide d’un nutritionniste pour corriger les erreurs qui ont conduit à la prise de poids.
  • Régulariser son transit intestinal, en consommant davantage de fibres (fruits, légumes et céréales complètes) et en pratiquant une activité physique au moins 30 minutes par jour.

Qu’est-ce que la rééducation périnéale ?

La rééducation périnéale s’adresse aux personnes gênées par une incontinence urinaire d’effort, une vessie instable ou une incontinence mixte. Les recommandations actuelles préconisent de commencer le traitement par la rééducation périnéale, quel que soit l’âge. La rééducation périnéale est également systématiquement proposée aux femmes durant la période qui succède l'accouchement.
Elle repose sur 10 à 12 séances de 30 à 45 minutes, 2 à 3 fois par semaine. Il est indispensable de poursuivre ensuite les exercices appris à domicile, sous peine de récidive.
Cette rééducation améliore ou guérit 30 à 50 % des incontinences urinaires modérées. Si une amélioration est obtenue, une nouvelle série de séances peut être programmée si besoin.

Agir
  • Dès le moindre doute sur la possibilité d’une incontinence urinaire chronique, consulter son médecin traitant ou son gynécologue.
  • Ne pas hésiter à faire une rééducation du périnée, sans attendre que l’incontinence soit devenu problématique.
  • Lutter contre le surpoids et la constipation pour ménager sa vessie.

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